CONNECT-IT

Acteur de la transformation des SSII ambitieuses

Le cinquième élément

Une partie à 4

18407190_s
Dans une précédente chronique, nous avions observé que la valeur ajoutée créée par les SSII se partageait, après paiement des frais financiers, entre 4 acteurs :
- Une grande partie de la valeur ajoutée est captée par l’Etat via les impôts et les charges dont il détermine lui-même le montant,
- En second lieu interviennent
les clients via la pression tarifaire qu’ils parviennent à imposer du fait d’un rapport de forces favorable,
- les deux acteurs restants,
les salariés et les actionnaires, se partagent ce qui reste.

Le cinquième homme
Si l’Etat et les clients se servent eux-mêmes, en revanche la répartition vers les actionnaires et les salariés fait intervenir un 5ème acteur. Le top management de l’entreprise, constitué du Président et des dirigeants de premier rang qu’il a nommés, joue un rôle décisif dans l’affectation du pactole.
11917269_s
Sur le papier, le Président d’une SSII et ses directeurs généraux, nommés par le Conseil d’administration, ne sont que l’émanation des actionnaires. Dans la vraie vie, les dirigeants, qui constituent une catégorie très particulière de salariés, dominent souvent les organes censés les contrôler :
  • De nombreuses SSII sont encore dirigées par leur fondateur, qui reste souvent l’actionnaire majoritaire de son entreprise. Même s’il devient minoritaire, il continue à contrôler d’une main de fer son Conseil.

  • Dans certaines SSII, le dirigeant est nommé par un fonds d’investissement dont il applique la politique, sans forcément se soucier de l’intérêt des autres actionnaires. Une variante consiste à ce que le dirigeant, en s’associant avec un actionnaire influent, contrôle le Conseil.

  • Enfin, si l’actionnariat est passif ou particulièrement morcelé, un dirigeant habile a vite fait de s’imposer à tous et devient ainsi inamovible.


Le pouvoir du management
Voici quelques situations où le top management influe sur l’affectation de la richesse produite, en proposant au vote des actionnaires des résolutions appropriées :
1. Le montant des dividendes
Proposée par le Président et le Conseil d’administration, la partie du bénéfice versée aux actionnaires varie beaucoup d’une société à l’autre. Or, si le taux de distribution moyen en Europe se situe autour de 40%, les SSII françaises ne reversent qu’environ 30% du bénéfice à leurs actionnaires, soit 25% de moins.
2. Les rachats d’action
La quasi-totalité des 20 premières SSII ont fait approuver par leurs AG des programmes de rachat d’actions. L’annulation de ces actions, en augmentant d’autant le montant du bénéfice par action, favorise l’actionnaire. Mais il arrive que ce rachat-annulation ne fasse que compenser la création des nouvelles actions distribuées au management de l’entreprise. Auquel cas, le montant déboursé pour le rachat des actions, qui aurait pu être versé à l’actionnaire sous forme de dividendes, sert en fait les intérêts du management.
3. La politique d’investissement
Les investissements affectent directement la part de l’actionnaire en diminuant le montant des dividendes ou le montant des réserves qui auraient pu être distribuées. En approuvant ou subissant un investissement décidé par les dirigeants de l’entreprise, l’actionnaire renonce à un avantage immédiat parce qu’il en espère un retour de richesse supérieur. Encore faut-il que l’opération s’avère rentable ! Malheureusement, les probabilités ne jouent pas en faveur de l’actionnaire : ainsi les fusions-acquisitions de SSII débouchent souvent sur le fait que 1+1 font moins de 2 !
4. Les augmentations de capital
La majorité des grandes SSII françaises font approuver lors de leurs AG des dispositifs autorisant le management à créer des actions nouvelles destinées aux salariés. Ces titres nouveaux, qui en réalité bénéficient principalement au top management, sont attribués sous réserve que certains objectifs soient atteints. Problème : ces objectifs, certes proposés par le Conseil et votés par l’AG, sont définis et parfois mesurés par ceux-là même à qui ils profitent !

Plus que dans toute autre entreprise, le dirigeant d’une SSII, par son influence sur un Conseil d’administration parfois faible ou aux ordres, est un acteur incontournable dans l’affectation de la richesse créée par l’entreprise. Pourtant, ceci ne signifie pas que ses décisions profite aux actionnaires et il arrive plus d’une fois qu’il prenne des initiatives dont il sera le principal bénéficiaire !
La question qui se pose est la suivante : au regard de ses performances, le coût global du top management (incluant les coûts cachés) est-il justifié par richesse qu’il crée ? Alors même que la valorisation des SSII stagne voire se dégrade depuis 10 ans, l’actionnaire est en droit de s’interroger.

CONNECT-IT - N°SIREN 589 891 622 - TEL : 06 49 55 62 30 Contactez nous