CONNECT-IT

Acteur de la transformation des SSII ambitieuses

Un bon amortisseur des effets cycliques de l'informatique


En matière ferroviaire, le tampon permet d’amortir les chocs. En informatique, ce sont les SSII qui jouent ce rôle.
Dès que l’informatique s’est développée, les grandes entreprises, tant publiques que privées, ont constaté la difficulté à intégrer les informaticiens dans les échelles salariales destinées à d’autres populations, et ont incité leurs rares managers informaticiens à créer des structures distinctes. C’est ainsi que sous l’impulsion en particulier du Ministère de la Défense, de nombreuses SSII se sont créées. Elles ont attiré les rares talents existants et formé des générations de scientifiques à l’informatique de façon à mettre à disposition de l’ensemble de l’économie française une main d’œuvre compétente, tout en assurant aux informaticiens une progression salariale et une évolution de carrière auxquelles ceux-ci ne pouvaient prétendre dans les organisations traditionnelles de l’époque.
Ce rôle de rassembleur de compétences au service des autres agents économiques s’est peu à peu transformé en outil de flexibilité qui perdure aujourd’hui, sous d’autres formes et pour d’autres raisons :

  • des raisons économiques : Premier poste de dépenses récurrentes et souvent aussi d’investissement des entreprises, les dépenses informatiques fluctuent en fonction des perspectives de croissance et de rentabilité des donneurs d’ordres. Dès qu’une crise surgit ou qu’un ralentissement d’activité est identifié, le client réduit ses dépenses informatiques et diminue brutalement, parfois du jour au lendemain, le volume de sous-traitance confié aux SSII. Dans l’attente de la reprise, il maintient intactes ses propres capacités, laissant aux SSII le soin d’absorber le choc

  • des raisons sociales : Les informaticiens constituent une population très qualifiée, à forte proportion de cadres, exigeante en matière d’évolution et qu’il est nécessaire, compte tenu des mutations technologiques, de former et de faire évoluer.

La gestion RH de cette population étant pour ces raisons bien plus complexe que celle des autres catégories de personnels de l’entreprise, le client a bien compris son intérêt à ce qu’une grande partie des informaticiens dont il a besoin soient hébergés au sein d’entreprises auxquelles il peut faire appel autant que de besoin. Cette stratégie vise particulièrement les catégories ayant le moins de valeur ajoutée, en particulier les développeurs et les exploitants. Le client peut ainsi limiter ses ressources propres aux personnes clés de son dispositif : architectes, chefs de projets, experts métiers et techniques, et déléguer la gestion des ressources banalisées et/ou des ressources dont le besoin en nombre varie très vite aux SSII.
Par ailleurs, compte tenu de la forte concurrence observée au niveau des embauches et de la lourdeur des processus de recrutement des grandes organisations, il est plus facile et plus sécurisant pour un client de recruter parmi ses prestataires. Si la mission ou le projet se déroule dans les locaux du client, ce dernier a tout loisir d’observer et d’évaluer sa future recrue pendant des mois, la mission constituant une période d’observation à l’issue de laquelle le client proposera éventuellement un poste au consultant.
Variable d’ajustement en cas de ralentissement de l’activité économique, les SSII jouent donc aussi le rôle d’un service RH externalisé. Bien qu’elles y trouvent leur compte puisque les prestations non internalisées par le client constituent pour elles autant de chiffre d’affaires supplémentaire, les SSII portent le risque le plus élevé, à savoir celui du contrat de travail. En cela elles se différencient de l’intérim et justifient leur rôle économique. Alors que l’intérim se contente de mettre en relation des entreprises et des compétences disponibles sur le marché sans prendre aucune responsabilité, les sociétés de services mettent à disposition des entreprises leurs propres collaborateurs, dont la pérennité dans l’entreprise et la rémunération sont contractuellement garanties.
Cette répartition des rôles entre donneurs d’ordres et sociétés de services :
  • Bénéficie aux clients (et à leurs actionnaires) qui sous-traitent ainsi aux SSII les conséquences induites par les ruptures de charges et leur délèguent la gestion d’une partie des compétences qui interviennent dans la fabrication et le maintien de leur système d’information, en étant assurés de disposer, si nécessaire, d’un vivier de compétences mobilisables rapidement

  • Protège les collaborateurs des SSII du fait du contrat de travail qui leur assure la sécurité de l’emploi en dépit des aléas de la conjoncture et des ruptures de charges

  • Profite aux salariés des clients qui, en haut de la pyramide sociale, disposent d’une plus grande garantie de l’emploi et bénéficient souvent de conditions sociales plus avantageuses que celles octroyées aux collaborateurs des SSII

C’est donc a priori un modèle parfait qui a d’ailleurs permis la création de plusieurs fleurons français à rayonnement international.
Et pourtant ce modèle semble atteindre ses limites puisque la valeur boursière des SSII ne cesse de diminuer depuis 10 ans (1) ! En fait, l’équilibre du modèle ne satisfait toutes les parties que dans la mesure où la croissance de la demande est très forte et que la main d’œuvre qualifiée, rare, n’est disponible que dans un nombre limité de SSII. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, alors le modèle favorise plus le client que le fournisseur. Aujourd'hui, nous sommes précisément dans cette situation.

(1) La Lettre Vernimmen.net N°102

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