CONNECT-IT

Acteur de la transformation des SSII ambitieuses

Les ESN vaudront-elles davantage que les SSII ?



Il existe de multiples méthodes et modèles permettant d’estimer la valeur d’une entreprise, mais au final une entreprise vaut uniquement ce que quelqu’un est prêt à débourser pour l’acquérir. Or il existe 2 façons de devenir propriétaire d’une société : acheter une société en bloc ou acquérir des titres en Bourse.

7428082_s
La valeur boursière dépend de la taille de l’entreprise...
Si on rapporte la valorisation boursière des 33 SSII cotées sur la Bourse de Paris à leur chiffre d’affaires 2012, on constate que leur capitalisation boursière est égale en moyenne à la moitié de leur chiffre d’affaires. En revanche la médiane est égale à 37%, ce qui signifie que la moitié des sociétés cotées ont une capitalisation inférieure à 37% du chiffre d’affaires.
En segmentant les SSII cotées selon que leur chiffre d’affaires est supérieur ou inférieur au milliard d’euros, il est possible d’isoler des familles homogènes : les grandes SSII ont une capitalisation moyenne de 54% tandis que les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe sous la barre du milliard d’euros ont une capitalisation moyenne de 36% de leur chiffre d’affaires.
La valeur attribuée par le marché boursier à une SSII diffère donc selon la taille, les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur au milliard d’euros étant nettement moins bien valorisées que les autres.
A toute règle son exception :
valorisée à seulement 20% de son CA, Stéria se situe bien au-dessous du standard de sa catégorie. Cette décote traduit le fait que Steria est une SCA (Société en Commandite par Action) contrôlée par ses salariés : il n’est pas possible d’en prendre le contrôle, d’où une valorisation moindre.

...Mais la valeur d’acquisition peut différer de la valeur boursière :
En achetant les
13306796_s
titres d’une société sur le marché boursier, on n’acquiert qu’une fraction de l’entreprise, sans en détenir le contrôle. Celui-ci s’obtient généralement par le rachat de l’ensemble du capital dans le cadre d’une fusion-acquisition.
Les valeurs auxquelles se vendent les sociétés font parfois l’objet de communications officielles. Ces 2 dernières années, plusieurs transactions significatives sont intervenues (certaines très récentes ou encore en cours), dont les montants ont été rendus publics :

TABLEAU


Rapporté au chiffre d’affaires du dernier exercice connu de la société acquise, on note que les prix d’achat se situent entre 55 et 59%.
Les prix de rachat sont donc proches des capitalisations des SSII dont le chiffre d’affaires est supérieur à 1 milliard d’euros, et supérieurs d’environ 50% à la valorisation boursière des sociétés dont le chiffre d’affaires se situe sous la barre du milliard d’euros.
La capitalisation des grandes SSII correspond déjà peu ou prou à ce qu’un acquéreur serait prêt à mettre sur la table pour contrôler l’ensemble du capital. A l’inverse, les SSII dont le capital est inférieur au milliard d’euros subissent une décote en Bourse, qui se résorbe généralement en cas d’OPA.

Point d’actualité : le cas GFI
Tout récemment, les actionnaires principaux de GFI ont proposé aux autres actionnaires de les racheter à un cours qui valorise l’entreprise à 31% de son chiffre d’affaires 2012. Cette offre, qui se traduit certes par une prime de plus de 20% par rapport au cours précédent mais reste bien en deçà des standards de la profession en matière de prise de contrôle, peut s’interpréter de différentes façons:

  • Première hypothèse : Les actionnaires de GFI sont convaincus que le niveau de 31% du CA reflète la valeur de leur entreprise et que l’offre est attractive. Auquel cas, et en généralisant, cela signifierait que les SSII acceptent d’acheter leurs cibles à un prix supérieur à celui auquel elles s’auto-évaluent, avec l’objectif de grossir puis de se vendre elles-mêmes plus cher par la suite !

  • Hypothèse la plus probable : Sachant que le prix pour prendre le contrôle d’une SSII se situe autour de 55% du chiffre d’affaires, les actionnaires principaux de GFI achètent un maximum de titres à 30% pour le revendre plus cher plus tard.



Quoique qu’il en soit, la tendance baissière observée depuis 10 ans concernant la valorisation des SSII ne s’inverse pas et traduit la faiblesse de leur business modèle, qui se concrétise dans les pressions tarifaires que ces sociétés subissent.
Pour enrayer cette tendance et modifier la perception des professionnels du marché (gérants, analystes, investisseurs...), les dirigeants des SSII doivent améliorer l’image de leurs sociétés et convaincre ces acteurs que le potentiel de croissance et de rentabilité de leur modèle économique est sous-estimé. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles ils souhaitent dorénavant les appeler ESN en lieu et place de SSII.


CONNECT-IT - N°SIREN 589 891 622 - TEL : 06 49 55 62 30 Contactez nous